Bernard Lavilliers

Bernard Lavilliers
On a tous une histoire avec une chanson de Bernard Lavilliers. Pour une immense majorité, sa voix est entrée dans notre monde à l'été 80 dans un écrin reggae. Féline, ondulant dans une hypnose moite et venimeuse : Stand the ghetto. Un mirage. A l'époque, seul Gainsbourg, qui frayait sous les mêmes tropiques avec ses "Mauvaises nouvelles des étoiles", avait su à ce point intégrer le talk-over jamaïcain dans la syntaxe française (ou inversement). Un an plus tard, Lavilliers refaisait briller le même soleil noir avec Pigalle la blanche ensorcellant les ondes radios avec ses extérieurs nuits chauffés aux alcools blancs et ses faunes interlopes. Entre-temps, toute une génération avait creusé jusqu'à l'os les sillons de l'album "O Gringo", véritable carte au trésor de la chanson monderne made in France, qui traçait la route depuis les périphériques downtown (Traffic) jusqu'aux barrios de Puerto Rico (La salsa) où Lavilliers jammait avec l'immense percussionniste Ray Barretto. Lire la suite

